08.06.2006
"Locataires", ou un éloge du silence
De Kim Ki-Duk, réalisateur sud-coréen qu'il n'est même plus besoin de présenter, ce film relate l'histoire de deux vies, celle d'un jeune homme qui vivotte de lieu en lieu en squattant dans des maisons dont les propriétaires sont momentanément absents, et celle d'une jeune femme, belle, mariée et maltraitée par son mari.
Un jour, Tae-Suk (joué par Jae Hee) rencontre Sun-Houa (jouée par Lee Seung-yeon), femme maltraitée par son mari, habitante silencieuse d'une des maisons où il avait échoué. L'histoire peut paraître banale, mais le film, Lion d'argent du meilleur réalisateur à Venise en 2004, est sans doute le plus bel éloge du silence qui soit. Si ce n'est en tout et pour tout 7 mots dans le film, les deux personnages principaux sont muets du début à la fin. Seuls les satellites qui gravitent autour d'eux les saoulent de paroles, alors qu'eux, sans parler, disent beaucoup plus en un seul regard.
Il y a l'esthétique des films sud-coréen, le génie de ces deux acteurs, d'un talent bouleversant, qui signent ici une performance : faire aimer un film qui ne fait pas de bruit. Autre particularité, la musique récurrente du film : une chanson en arabe, qui, contrairement à ce que l'on pourrait croire, se fond miraculeusement dans la froideur et la simplicité coréenne. A saluer également les couleurs superbes, les lieux étonnants, l'esthétique d'un film qui se veut, avant tout celui d'un début de carrière sur les chapeaux de roue pour ces deux acteurs, dont ce film constitue à ce jour l'intégralité de la filmographie.
A voir le plus vite possible et à re-regarder, peut-être même juste pour le plaisir d'apprendre le silence.
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